3/23/2011

Montée de crème

Ok, désolé d'avance si je m'emporte, je n'en ai pas contre des gens, mais contre une pratique d'écriture.

Certains auteurs, moi y compris à l'occasion, aiment bien utiliser un ton plus oral à l'écrit. Ça peut être pour donner un style à la narration, ou pour rapporter un discours. Il y a des détracteurs de cette pratique, mais ce n'est pas ça que je veux aborder. Plutôt la manière d'utiliser cet outil littéraire.

Je n'ai pas l'habitude d'imposer ma vision des choses, mais ici, je me le permets; j'ai bien dit la manière. Une. Pas par rapport à l'intégration dans le texte, évidemment, mais plutôt à la façon d'appliquer les règles syntaxiques dans ce genre de discours au sein d'une oeuvre littéraire.

Je vois relativement souvent des auteurs écrire, en dialogue d'un personnage qu'on veut représenter comme un peu trash ou peu éduqué, des horreurs du genre: "Cé koi ton problème" ?

Mon problème, bâtard, c'est que "C'est" pis "Cé", c'est des homonymes: RIEN ne peut justifier leur inclusion dans un dialogue. C'est pas comme si le personnage pouvait prononcer "Cé" au lieu de "C'est", viarge!

La seule raison de voir ce genre de graphie dans un texte, c'est si on reproduit une conversation en texto (style SMS, Facebook ou MSN). Point final. Il n'y a pas d'équivalent oral à ces mots à l'orthographe tronquée. Fuck.

Vous vous sentez visé parce que vous faites ça? Vous pleurez à l'intérieur? Au lieu de me traiter de méchant, une suggestion pour vous: arrêtez donc d'écrire tout croche à la place, câlisse!

...

AH! Ça fait du bien de faire sortir la vapeur, parfois.

25 commentaires:

  1. lolol!

    Dans mon top 3 des phrases qui m'ont fait dresser les cheveux sur la tête :

    "C'est quoi que cé que tu veux?"

    Les deux graphies dans la même phrase!!! HORRIBLE!

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  2. Hum, Guillaume, ça devrait être « arrêtez DONC », comme ça...

    Autrement, 100 % derrière ta position !

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  3. Gen : Gah!

    Richard : C'est mieux que d'avoir 100% ma position dans le derrière. (Et ce blog n'est pas un texte littéraire ;) Mais je vais corriger.)

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  4. D'ailleurs, quelqu'un qui a promptement effacé son message parlait d'une situation où la graphie des mots est déformée pour signifier l'accent d'un personnage. Ça peut devenir agaçant si c'est trop utilisé, mais ça ne mérite pas la mort, comme pratique. Ce n'est pas de ça dont je parle.

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  5. Mwahahahahahahahahahaha ! Moi aussi cela me fait dresser les cheveux sur la tête, sortir la fumée par les oreilles et pleurer des larmes de sang. Mé bon kess tu veu fair a sa, 1 ?

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  6. Chill, Guillaume, chill! :O)

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  7. Ah, cette montée de crème est très pertinente... J'acquiesce et j'applaudis.

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  8. Hmmm je repense à un certain texte et j'ai eu, jusqu'à l'explication, certaines craintes... héhé.

    Cependant, j'ai en horreur l'orthographie SMS et même lorsque j'en envoie, à moins d'une extrême urgence, je prends la peine d'inscrire mon message en respectant la langue dans la mesure du possible.

    Alors, je ne crois pas que tu parles d'un de mes textes et si c'est le cas, nous devrons en reparler ensemble, car j'aurai moi aussi une montée de lait (OUI LES HOMMES AUSSI PEUVENT EN AVOIR!!! :'( [littéralement... c'est physiquement possible!] )

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  9. Tu noteras, Alamo, que Guillaume a explicitement parlé d'une montée de "crème" et non pas d'une montée de "lait"...

    À ceux qui murmurent dans le fond de la salle, je note seulement le fait, je ne pense à rien d'autre, bien sûr...

    Bien sûr...

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  10. A force de la battre, le lait devient crème.... mmm....

    Enfinnnnnnn, tout pareil, moi aussi ça me fait pester de voir du "sms". Vas-y Guillaume, te laisse pas faire!

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  11. Alamo : Comme je disais, j'en ai contre la pratique, pas contre le monde. Je ne me souviens pas avoir lu ça dans tes textes. Je me souviens avoir lu ça sur le net, relativement récemment et dans un contexte de nouvelle, mais je sais plus où. C'est probablement mieux comme ça.

    P.A. : Merci. Oui, de la crème. Oui, tu penses croche :P

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  12. À Alex: et quand on fouette la crème on obtient du beurre. Et avec le beurre...

    Bon, j'ai rien dit 8-p

    À Guillaume: hé hé...

    Mais le sujet est pertinent : déformer la syntaxe et l'orthographe de cette manière soi-disant pour faire plus réaliste, j'ai beaucoup de problème...

    Bon, je retourne à mes occupations sérieuses...

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  13. «Montée de lait», «montée de crème», moi je suis tout pour... :O)

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  14. ouh que j'aime quand il est tout fâché!! viens, allons engueuler du monde sur des sites de poësie.

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  15. Mad : Pour qu'ils me répondent en citant Vian ? Meh ;)

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  16. Oh boy! Toute une montée de crème. Je suis de ton avis et tout comme Alamo, j'ai tendance à écrire correctement mes textos.

    Par contre, je me rappelle avoir lu des auteurs québécois très prisés par les médias, des lectures de cégep, où on utilisait ce genre de dialogue pour nous remettre dans le Québec rural et le parlé des bûcherons ou des fermiers. Bref, pour dialoguer en «joual». Le genre de livre que je laisse sur les tablettes.

    En passant, une femme quand elle a une montée de lait... physiologiquement, au début c'est plus de l'eau, ensuite, du lait, puis de la crème et à la fin, il n'y a que du gras: comme du beurre fondu. Je parle en connaissance de cause.

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  17. D'accord avec toi.

    Si c'était des suppressions du genre : "C'te nuit, j'me sens p't'ête pas ben", ça passe, mais ça change rien entre "C'est" et "cé" (à moins que ça soit une erreur de frappe). Et aussi le "koi" dont tu nous fais part, mais que tu ne reprends pas. Quelle différence y aurait-il, à part la graphie, entre "quoi" et "koi"?

    @Alamo : Très drôle!!

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  18. Dans une certaine mesure, je n'ai rien contre les élisions comme celles dont tu parles, parce qu'elle représentent une prononciation. Si c'est trop intense ça peut devenir nuisible à la lecture, cependant.

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  19. Ah, c'est le mot que je cherchais. Merci.

    Dans mon exemple, j'en ai mis beaucoup pour accentuer l'effet, autrement dit, je mets ça au pire. C'est vrai que si le texte est tout' de même, surtout avec une narration introspective, ça deviendrait irritant pour une longue lecture.

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