1/18/2010

Bonne question

Dans un commentaire sur ce blog, Pat Isabelle m'a demandé, il y a quelques semaines, combien de temps je passais, en moyenne, à travailler sur chaque numéro de Brins d'éternité. Je ne lui ai pas répondu, pour donner un fond de crédibilité à ma réputation de maudit sauvage, mais la question est tout à fait pertinente. Voici donc ma tentative de réponse.

En gros: aucune idée. Je ne compte pas du tout mon temps; j'ai peur d'être vraiment découragé en voyant le nombre d'heures réelles que je mets dans le projet.

Cependant, ce que je peux faire, c'est essayer de comptabiliser les heures de direction littéraire pour le prochain numéro. C'est déjà beaucoup trop avancé pour le #26, mais je n'ai pas commencé le 27 (même si tous les textes ont déjà été sélectionnés). Ce sera donc pour le 27 que je vais prendre des notes.

À suivre dans, oh, un bon bout.

(Nous devrions annoncer le sommaire des fictions du 26 sous peu, d'ailleurs).

1/15/2010

Excuses d'un gentleman

Hier soir, j'ai été prendre une bière avec mon ami Mathieu au McKibbins. L'endroit est sympathique, surtout au sous-sol, avec le plafond un peu bas et le comptoir en bois inégal. Belle ambiance de pub irlandais. Mais tu bien connais l'endroit, tu y étais, toi aussi.

C'est moi qui a eu la mauvaise idée de proposer de commander une douzaine de Rim Reapers, des ailes de poulet tellement épicées que le pub donne un chandail souvenir à ceux qui parviennent à toutes les ingurgiter. Par la suite, le barman m'a dit que les chefs, dans la cuisine, se mettaient presque des masques pour ne pas entrer en contact avec les vapeurs du plat. Avoir su ça avant, j'aurais peut-être changé d'idée, mais bon, tu sais, je me suis dit qu'au pire, je serais content d'avoir essayé. Mathieu aussi s'est lancé dans la folle aventure.

Arrivent les plats. Encore maintenant, je ne comprends pas comment l'assiette a pu ne pas fondre sous cette concentration d'épicé. Tu vas peut-être rire de moi, mais sur les douze ailes, je n'en ai mangé que trois et demi. Si on compte qu'en moyenne, une aile comporte deux bouchées, voici la progression de mon expérience gustative.

Première bouchée: poulet piquant
Deuxième bouchée: piquant au poulet
Troisième bouchée: piquant, très piquant
Quatrième bouchée: trop piquant
Cinquième bouchée: Douleur
Sixième bouchée: Douleur
Septième bouchée: Douleur

Mathieu, que tu ne connais pas, je crois, a passé à travers ses douze ailes, lui. Il en pleurait dès la moitié. Comme quoi que c'est bien seulement dans un pub qu'on peut voir un homme en larmes. J'ai félicité mon ami, lui ai offert une bière pour qu'il étanche sa soif et qu'il fasse passer l'horrible sensation de se transformer en dragon, de l'intérieur. Même si j'avais bien moins mangé que lui, j'avais aussi mal aux lèvres, à la bouche et, sensation imprévue, jusque dans la gorge. Ouch.

Puis, sans y penser, je me suis planté un doigt dans l'oeil. Comme un grand.

Erreur, erreur, erreur.

Je m'étais évidemment essuyé les doigts (si tu as déjà mangé des ailes de poulet, épicées ou non, tu sais qu'il est plutôt difficile de demeurer présentable pendant la dévoration), mais je ne les avais pas lavés encore. L'effet a été immédiat: douleur, larmes, l'impression que la paupière enfle, l'oeil qui veut se refermer pour toujours pour se venger de ces mauvais traitements... Je me suis donc précipité vers les toilettes pour laver mon globe oculaire à grande eau.

J'arrive, en larmes à mon tour (mais d'un seul oeil), au fond du pub. Devant moi se dressent deux portes en tous points identiques, si ce n'est les inscriptions sur chacune d'entre elle. À gauche, Fir, à droite, Mnà. "Aucun problème, me dis-je, je n'ai qu'à regarder dans laquelle il y a des urinoirs". J'entrouvre Mnà. Rien. Je me tourne vers Fir, et jette un oeil (littéralement): pas d'urinoirs visibles non plus. Zut.

Je décide d'entrer dans Mnà, en me disant qu'il s'agit, si on fait abstraction de l'accent, d'un anagramme de "Man" (forcément, ça doit signifier quelque chose), que je ne parle pas du tout l'irlandais et que de toute façon, toutes ces considérations pudiques m'importent peu alors qu'une version live de l'intro d'Apocalypse Now est en train de se dérouler sous ma paupière. Si tu ne comprends pas ce que je veux dire, je te suggère de demeurer dans l'ignorance et de ne pas tenter de reproduire mon expérience.

Après quelques minutes de sacres et d'eau au visage, je parviens à ouvrir mon oeil pendant plus d'une seconde sans avoir l'impression qu'on est en train de le frotter vigoureusement avec du sel de mer. C'est à ce moment que je remarque un pompier, torse nu, qui me sourit en essayant de me vendre son calendrier.

Oh. Aucune chance qu'une pub comme ça se trouve dans la toilettes des hommes, n'est-ce pas?

J'entreprends donc de quitter subtilement les lieux. En me dirigeant vers la porte, j'avise un cubicule, suspicieusement fermé, d'où émane un silence inconfortable. Je sais que tu t'y cachais, dame inconnue. Et ce billet, comme l'indique le titre, se veut une présentation de mes plus plates excuses.

Je suis désolé d'avoir envahi ton intimité, de t'avoir exposé à ces bruits d'eaux suspects, d'avoir répété sans relâche le nom de l'animal préféré de Brigitte Bardot tandis que tu te terrais, terrorisée, entre la cuvette et le papier hygiénique.

Donc, voilà, mes excuses. À toi.

(Finalement, il y avait bien des urinoirs dans Fir, mais dans l'angle mort que créé la porte, en s'ouvrant. Misère)

Et dire qu'après tout ça, c'est Mathieu qui est reparti avec un chandail. La vie est injuste.

1/06/2010

Conspiration contre les r-who

Je cherchais quelque chose de particulièrement profond, intelligent, pertinent (etc) pour commencer l'année en beauté sur ce blog.

Et je viens tout juste de trouver.

C'est ici.

Enjoy.

12/19/2009

Maudit menteur

Malgré mes excellentes résolutions, j'ai encore moins touché à ma nouvelle qu'à ce blog (c'est tout dire). C'est que pour l'instant, je préfère me mettre plus en mode direction littéraire, ce qui, malheureusement, me coupe un peu de mon mode écriture. Je trouve très très difficile de concilier les deux activités, qui me semblent prendre la même énergie, puiser à la même source (limitée) de motivation et de capacité de concentration.

Mais bon, j'ai quelques jours très libres dans le coin du Jour de l'An, la rédaction se fera probablement à ce moment.

D'ici là, autant profiter de la magnifique température (c'est effectivement très beau, de ce côté-ci de la vitre, en tout cas).

12/09/2009

C'est tout blanc

Et j'ai déjà trois pages pleines pour la suite de Les zombies dans nos campagnes. Et un plan concis mais complet. Pour cette nouvelle et les deux prochaines.

Mais avant de m'y lancer vraiment, je dois terminer la seconde version d'une nouvelle pour mon mémoire. (En fait, il s'agit d'ajouter une trame narrative supplémentaire; je ne touche pas à ce que j'ai déjà écrit, ce sera pour le retour des fêtes).

Seule ombre au tableau, je dois affronter la tempête dans environ une demie-heure pour me rendre à l'université. Galère, j'aurais bien aimé pantoufler, aujourd'hui...

Ajoutons, après un second coup d'oeil derrière le rideau, que la tempête ne semble pas si féroce, tout de même...

12/02/2009

Écriture forcée

Je suis dans une mauvaise passe d'écriture, en ce moment. Peut-être les fantômes de mes personnages exterminés qui reviennent me hanter, je ne sais pas trop.

Ce genre de passe où tout ce qu'on pond est mauvais, qu'on n'arrive à rien, que tout est à recommencer. Que ce soit vrai ou non (dans le cas de la nouvelle sur laquelle je travaille, c'est objectivement plutôt nul, ça ne fonctionne pas du tout, ni narrativement, ni conceptuellement), c'est plutôt déprimant.

J'ai décidé de me forcer à la terminer au plus vite, d'avoir un début, un milieu et une fin, de laisser ça de côté pendant au moins un mois avant d'y revenir, quitte à tout réécrire rendu là. C'est ce que je viens d'achever, montant ma production de la journée à environ 1850 mots. Les Nanowrimeux (dit comme ça, ça ressemble à un concours de mauvaise poésie) ne seront certainement pas impressionnés, mais par rapport à ma rythme escargotique habituelle, c'est intense.

Et, vraiment, ç'a été pénible. J'ai tendance à fusionner écriture et réécriture, à polir mon texte au fur et à mesure, à remanier des passages pour accommoder le suivant, et ainsi de suite. Ici, j'étais tellement écoeuré par la débâcle qu'était devenue ma nouvelle que je continuais, même quand je voyais des trous logiques de la grosseur d'une éclipse solaire dans mon intrigue (et il y en a suffisamment pour priver la Terre de lumière pendant quelques années). C'était comme des ongles sur un tableau, dans ma tête. Vraiment, vraiment désagréable.

Tout de même, je suis maintenant débarrassé de cette nouvelle pour un temps. Ouf. Je veux faire la même chose avec un autre texte qui, espérons-le, est moins une cause perdue, m'atteler à la réécriture d'une troisième nouvelle pour en faire quelque chose de potable, et tout ça, d'ici le 15 décembre, date officielle du début de mon congé des fêtes (et, grosso modo, où je devrais recommencer sérieusement la rédaction de la suite de Les zombies dans nos campagnes, pour me détendre).

J'ai hâte.

Écriture forcée

Je suis dans une mauvaise passe d'écriture, en ce moment. Peut-être les fantômes de mes personnages exterminés qui reviennent me hanter, je ne sais pas trop.

Ce genre de passe où tout ce qu'on pond est mauvais, qu'on n'arrive à rien, que tout est à recommencer. Que ce soit vrai ou non (dans le cas de la nouvelle sur laquelle je travaille en ce moment, c'est objectivement mauvais, ça ne fonctionne pas du tout, ni narrativement, ni conceptuellement), c'est plutôt déprimant.

J'ai décidé de me forcer à la terminer au plus vite, d'avoir au moins un début, un milieu et une fin, de laisser ça de côté pendant au moins un mois avant d'y revenir, quitte à tout réécrire rendu là. C'est ce que je viens de terminer, montant ma production de la journée à environ 1850 mots. Les Nanowrimeux (dit comme ça, ça ressemble à un concours de mauvaise poésie) ne seront certainement pas impressionnés, mais par rapport à ma production escargotique habituelle, c'est intense.

Et, vraiment, ici, ç'a été pénible. J'ai tendance à fusionner écriture et réécriture, à polir mon texte au fur et à mesure, à remanier des passages pour accommoder le suivant, et ainsi de suite. Ici, j'étais tellement écoeuré par la débâcle qu'était devenue ma nouvelle que je continuais, même quand je voyais des trous logiques de la grosseur d'une éclipse solaire dans mon intrigue (et il y en a suffisamment pour priver la Terre de lumière pendant quelques années). C'était comme des ongles sur un tableau, dans ma tête. Vraiment, vraiment désagréable.

Tout de même, je suis maintenant débarassé de cette nouvelle pour un temps. Ouf. Je veux faire la même chose avec un autre texte qui, espérons-le, est moins une cause désespérée, m'atteler à la réécriture d'une troisième nouvelle pour en faire quelque chose de potable, et tout ça, d'ici le 15 décembre, date officielle où mon congé des fêtes commence (et, grosso modo, où je devrais recommencer sérieusement la rédaction de la suite de ma nouvelle de zombies, pour me détendre).

J'ai hâte.