1/13/2016

Écriture (VII) - Construire sur une structure vacillante

J'ai déjà repris un rythme de travail (jongler entre l'écriture, Brins d'éternité et mes études) similaire à celui que j'avais atteint la session dernière: pas optimal, mais fonctionnel. J'espère être capable de rester sur cette lancée assez longtemps pour m'avancer significativement dans le premier jet de mon roman.

Mes cours, cependant, risquent d'être un peu plus corsés que ceux de la session précédente. Je pense, notamment, à mon cours sur les systèmes d'exploitation (dont le livre obligatoire présente des dinosaures sur la couverture. Oui, vraiment. Parce que, hey, des systèmes d'exploitation, c'est cool, pis des dinosaures aussi. Match parfait!). Ça risque de retarder encore un peu la rédaction du premier jet, surtout dans le temps des finaux. Mais bon, pour l'instant, tout ce que je peux faire, c'est de diriger mes énergies sur ma routine d'écriture.

C'est embêtant, parfois: j'ai des idées pour améliorer la structure narrative générale du roman, mais ça demanderait probablement de jeter à terre une bonne partie de ce qui a déjà été fait (malgré tout le temps que j'ai passé sur mon plan: manifestement, soit j'ai mal fait ça, soit je l'ai fait à un mauvais moment dans mon processus de création). Ça donne un peu l'impression d'écrire pour rien, mais je veux continuer parce que parfois, en écrivant, je découvre des pistes potentielles, je prends des notes, j'en apprend un peu plus sur mes concepts et mes personnages. C'est bon signe, tout ça (j'imagine), mais ça veut aussi dire que j'aurai un deuxième jet assez imposant à faire avant de même penser à demander l'avis d'un beta-lecteur.

1/06/2016

Bonne année !

Bon, allez, on repart la machine pour 2016.

J'ai un peu délaissé mon roman pendant les Fêtes. D'une part parce que j'ai bien de la difficulté à ne pas profiter de mes vacances pour me reposer, et d'autre part parce que j'ai été malade deux fois: gastro (probable) juste avant Noël, puis un gros rhume une semaine plus tard. J'ai commencé l'année dans un délire fiévreux. Pas l'état idéal pour la création littéraire.

Mais, mais, je reprends mes bonnes habitudes (en fait, je me demande si cette tactique est la bonne pour moi, mais je veux continuer encore un peu avant de me décider) et je recommence à écrire un peu chaque jour. Mine de rien, ça progresse. Ou enfin, ça ne recule pas. Trop.

Projets littéraires 2016, donc : boucler le premier jet du roman, puis m'attaquer à quelques idées de nouvelles qui macèrent depuis trop longtemps. Disons au moins une, pour commencer.

12/02/2015

Fin de session (encore)

C'est ce temps de l'année à nouveau. Ma fin de session est imminente (début des examens la semaine prochaine), et gruge tout mon temps/énergie depuis quelques semaines déjà. Je mettrai donc ce blog en pause pour le mois de décembre : on se retrouve en 2016 !

11/25/2015

Écriture (VI) - Le désordre nécessaire

J'ai réalisé récemment que le fait d'avoir un plan assez détaillé de mon roman m'incitait à l'écrire dans l'ordre de lecture, et que ça ne marchait pas vraiment avec moi.

J'ai plutôt tendance, naturellement, à sauter d'une scène à l'autre, écrire la fin après avoir rédigé le premier jet de l'intro, puis d'aller au milieu pour établir cette scène que je sens vraiment plus que les autres... Incidemment, certaines de mes histoires finissent par être structurées un peu de la même façon, même si j'essaie de toujours justifier ce genre de passe-passe narrative par un concept propre au récit.

Or voilà, pour un projet de longue haleine, l'écriture chronologique m'ennuie. Et l'ennui pendant l'écriture d'un roman, ce n'est clairement pas bon signe. Question de me fouetter un peu, j'ai donc décidé d'aller rédiger un premier jet de la toute fin du roman (j'y travaille encore). Ensuite, une scène de combat (oui, il y en aura au moins une) qui me revient souvent à l'esprit pendant que je réfléchis à ce projet littéraire. Ensuite... On verra. Peut-être reprendre le chapitre du début que j'ai abandonné. L'idée étant de me stimuler, de me libérer des passages que je perçois mieux pour ensuite me concentrer sur le reste.

Et vous, êtes-vous plus du genre à écrire en ordre chronologique, ou alors de façon plus non-linéaire?

11/18/2015

Entendu (IV)

Dehors, dans une file d'attente pour un concert. Un homme se tourne vers la femme qui l'accompagne.

-- Ah, ils fouillent les sacs.

-- Quoi? Shit...

-- J'imagine que c'est pour ça que c'est plus long. Remarque, je les comprends, avec le Bataclan pis toute.

-- Faut qu'on s'en aille.

-- De quoi tu parles? On est presque rendus.

-- Tu comprends pas. Je peux pas me faire fouiller ma sacoche right now. On s'en va.

Soupir, regard insistant, quelques pas de côté. La file comble avidement le vide qu'ils laissent derrière eux. Ils s'éloignent en se disputant à voix basse. Puis, au loin, un éclat de la voix de l'homme, qui parvient à couvrir le grondement urbain:

-- Why the fuck que t'avais besoin de toute ça juste pour à soir?

11/11/2015

Cobayes - Benoit, par Carl Rocheleau


Benoit arrive dans une grande ville pour y mener des études en cinéma. Comme il vient de rompre avec sa copine (avec qui il devait partager un logement) et que sa situation financière est plutôt précaire, il doit rapidement se trouver un loyer modique. La chance lui sourit lorsqu’il rencontre Mini, une artiste excentrique d’origine malaisienne, qui lui propose d’habiter dans une Westfalia remisée dans un garage. Rapidement, une idylle se développe entre les deux personnages. Comme Mini s’apprête à partir dans un voyage en Malaisie, Benoit décide de participer à un essai clinique d’AlphaLab afin d’amasser les fonds pour accompagner sa douce moitié. Les effets de la drogue qu’on injecte à Benoit se font rapidement sentir : il devient plus agressif et peine à contenir sa soif de sang. Les cadavres s’accumulent autour de l’étudiant, alors que ce dernier tente de canaliser ses pulsions pour protéger Mini.

Carl Rocheleau nous livre un roman particulièrement bien construit, soutenu par des personnages forts, une intrigue bien ficelée et une plume maîtrisée. L’inéluctable déchéance du personnage est très bien articulée : elle est d’abord représentée par des extraits de scénarios que Benoit rédige, un peu comme un journal intime romancé. Ça fonctionne, parce que le récit introduit ces passages très rapidement, bien avant l’injection, et que ces extraits donnent au lecteur un point de vue privilégié sur la psyché du personnage. Quand Benoit passe finalement à l’acte, la transition se fait de façon fluide et cohérente. Sa passion pour le cinéma, et particulièrement pour les films de Quentin Tarantino, sert aussi de tremplin aux scènes de violence plus intenses qu’on retrouve à la fin du roman. J’ai aussi beaucoup apprécié le fait que Benoit s’imagine être hanté par les fantômes de ses victimes, qui ne se gênent pas de l’insulter. Cela confère une tension efficace à certaines scènes qui seraient autrement plutôt banales. Ces fantômes servent aussi à soutenir, à souligner la progression de l’intensité dramatique dans le roman : chaque meurtre affecte le personnage de façon durable.

Petit point négatif (à propos du dernier quart du récit — à ne pas lire si vous ne voulez pas vous faire gâcher la surprise) : l’évolution du personnage de Mini n’est pas vraiment crédible. Benoit cherche d’abord à garder ses pulsions meurtrières secrètes, et s’inquiète que sa copine le rejette si elle apprenait les horreurs qu’il ne peut s’empêcher de commettre. C’est un bon générateur de tension, et c’est tout à fait réaliste. Mais voilà, Mini tombe sur son cahier de scénarios, comprend qu’il ne s’agit pas seulement de fictions, et… Elle est tout à fait à l’aise avec ça, allant même jusqu’à l’encourager dans ses actes déviants. Mmm. J’ai décroché un peu en lisant ça.

Mais autrement, Benoit est un très bon roman dramatique bien sanglant, qui réussit avec brio une escalade dans l’horreur et la violence. On en voudrait davantage.


Critique parue dans Brins d'éternité 42

11/04/2015

Entendu (III)

Dans un magasin d'électronique. Derrière moi, un client d'un certain âge interpelle un jeune commis.

-- Scusez? Je cherche un, heu... You-Be-Esse?

-- Un...? Ah, une clé USB?

-- Oui, oui!

-- Suivez-moi.

-- Et ça, ça va m'aider pour mon... heu... mon ouialle-faille?

Pauvre monsieur. Il s'en est fallu de peu, mais au moins, il n'a pas essayé d'acheter une clé USB chez le serrurier.